La mer des Humeurs (Mare Humorum)

On la repère aisément au sud – ouest (c’est à dire en bas à gauche pour un observateur muni de jumelles. L’est et l’ouest sont en apparence inversés, car on a adopté le point de vue d’une personne placée sur la Lune). On la reconnaît facilement à son aspect sphérique et sombre et surtout grâce, aux cratères imbriqués, en forme de bague, qui la surmontent.

Pour la voir, il faut attendre le 12ème jour de la lunaison. C’est dire qu’on est proche de la Pleine Lune et que l’observation n’est pas des plus confortables, vu la quantité élevée de lumière réfléchie alors par la surface de notre satellite. On peut diminuer cette clarté excédentaire avec un filtre bleu, vert ou gris neutre. Le must étant un système polarisant qui permet une variation de luminosité en fonction des différentes phases de la Lune. Pour les amateurs économes, il reste une solution moins onéreuse : observer la mer des Humeurs au moment ou le Soleil s’y couche. Ce sera alors le 26ème jour de la lunaison et 15% seulement de la face visible de l’astre sélène seront éclairés. Mais il faudra se lever tôt, puisque la Lune apparaîtra vers trois heures du matin!

Quel que soit le système adopté le jeu en vaut la chandelle. Au nord de la mer des Humeurs se dévoile une des plus étranges structure qu ‘on puisse observer, Gassendi.

Le cratère principal est une grande plaine murée de 110 km de diamètre, et 1860 mètres de profondeur On observe en son centre trois pics montagneux et de nombreuses rainures. Ces rainures témoignent des importants bouleversements subis par la croûte lunaire lors des grands impacts d’objets percuteurs (Comètes, astéroïdes…).

Le cratère Gassendi A chevauche l’enceinte de la plaine murée et semble posé comme une perle sur une bague. En prolongation de ces deux cratères, Gassendi B complète le trio.

Le fond de la mer des Humeurs, logiquement peu cratérisé, est intéressant avec ses lignes de crêtes bien visibles qui joignent Gassendi au cratère Vitello. Dans la région sud, deux enceintes affleurent sur le fond de la mer. La lave n’a pas complètement recouvert les cratères Doppelmayer et Puiseux. Doppelmayer se distingue par son massif central. A droite de Vitello, on observe le Promontoire et les monts Kelvin qui se détachent du fond sombre lorsque cette région se trouve proche du terminateur. A voir absolument, la rainure Hippalus, longue de 240 km; elle longe les monts Kelvin. La vision de cette griffure traversant les vestiges du cratère Hippalus et pointant le cratère Agatharchides est très belle.

Les rainures entourent la mer des Humeurs et, à l’ouest lunaire de cette mer on aperçoit un autre de ces systèmes : les rainures, ou rimae, Mersenius, du nom du splendide cratère qui les jouxte. Si l’on dispose d’un télescope assez puissant, on peut détailler le chapelet de petits cratères qui en sillonne le fond.

Au nord de la mer des Humeurs, on pénètre dans l’Océan des Tempêtes.

Au sud, «sous» Vitello, la région est plus complexe à visiter et les points de repère principaux sont le Lac de la Perfection et la grande plaine close, Schickard.

La nomenclature de la Lune doit beaucoup aux travaux de Giovanni Baptista Riccioli, qui en 1651 posa les bases du système en vigueur aujourd’hui encore. Les cratères reçoivent des noms d’astronomes ou de philosophes, en respectant à peu près l’ordre chronologique. Du nord, pour les Anciens, au Sud pour les contemporains de Riccioli.

Les alignements de montagnes portent les noms de chaînes montagneuses terrestres. On peut y voir l’écho de l’ancienne croyance qui voulait que la Lune soit le reflet de la surface de notre planète.

Le nom des mers est laissé à la fantaisie du cartographe.