Lacs, mers et océans de la Lune

Pour un observateur qui débute l’étude de la surface lunaire, les mers jouent par leur répartition et leur quantité, un rôle de balise et de moyen mnémotechnique analogue à celui des constellations dans le ciel. Cela n’est cependant vrai que pour les trois quarts de la face visible de notre satellite. Au sud. en effet, seul de grands cratères sont remarquables et permettent au promeneur sélène de retrouver son chemin dans un embrouillamini de cavités enchevêtrées.

Ce qui frappe au premier coup d’œil, c’est la division de la surface en zones claires, les continents et en zones plus sombres, les mers. Nous avons vu, dans un précédent article que ces mers ne sont en fait que d’anciens épanchements refroidis de lave ayant tapissé le fond de gigantesques cratères d’impacts. Par opposition, on a appelé continents les parties claires, plus riches en cratères et, de fait, plus élevées.

Comment explique-t-on cette différence de cratérisation?

Il faut avoir présentes à l’esprit les différentes périodes qui ponctuent l’histoire de la Lune. Après sa formation, résultante de l’impact entre la Terre et un géocroiseur de la taille de Mercure, notre satellite a connu une période d’intense activité interne. Tout comme sur notre planète, la chaleur dégagée par les phénomènes d’accrétion et de radioactivité ont fondu la croûte lunaire en profondeur. C’est à peu près durant la phase de refroidissement de ce magma qu’eut lieu le Grand Bombardement, où l’instabilité gravitationnelle due à la formation des grandes planètes précipita nombre d’astéroïdes et de comètes à la surface des astres du Système Solaire. De là datent les impacts créateurs des grands bassins. Le magma de lave put sourdre en ces endroits plus minces de la croûte lunaire et recouvrir les dépressions environnantes. Il n’y a donc quasiment plus de trace de cratères antérieurs à cette période sur ce que nous appelons les mers.

Le Grand Bombardement étant achevé, la densité d’impacts diminua sensiblement. Les continents gardent l’empreinte des premiers cratères, alors que les mers ne sont marquées que par des chutes plus récentes d’astéroïdes.

Lacs, mers et océans

Selon leur grandeur, ces zones sombres ont été classées en marais, lacs, mers et océans. On imaginait l’influence de la Lune sur le climat de notre Terre en fonction de phases de notre satellite. La Lune montante amenait le beau temps, alors qu’à la Lune décroissante correspondaient pluies et tempêtes. D’où la répartition des mers dans la nomenclature sélène. Sur la partie éclairée en début de lunaison se trouvent les mers de la Sérénité, Tranquillité, Fertilité, Nectar etc. de l’autre côté les mers des Pluies, l’Océan des Tempêtes, des Nuées et la mer des Humeurs que nous allons détailler dans cet article.

Si l’on peut se gausser à juste titre des croyances liées à l’influence supposée de la Lune sur les conditions atmosphériques, il faut admettre, à l’échelle astronomique du temps, que la Lune, en stabilisant l’orbite terrestre et en maintenant l’axe de rotation de notre planète dans sa position actuelle, a permis la répétition constante des phénomènes de saisons et l’installation des zones climatiques que nous connaissons aujourd’hui. Son influence est donc bien plus fondamentale que ne l’espèrent les crédules.